Et à l’aube, tu t’en allais, un roman poétique

En partenariat avec Scrib Magazine et la Case des Arts, Point de lecture a organisé son vingt deuxième Café littéraire. C’était le mercredi 20 mai dernier à la Case des Arts de Denise Koné Kacou à Abidjan- Cocody -Danga. Ce Café littéraire a porté sur le roman de Aïssatou Seck, publié aux éditions Bénévent. Le père de la littérature, Bernard B. Dadié, a honoré de sa présence cette rencontre littéraire.

Les panélistes au nombre de trois (Mme et M. Guébé et Henri N’koumo) ont analysé Et à l’aube, tu t’en allais sous l’angle de l’amour passionnel, oppressant, meurtri et l’écriture. D’entrée de jeu, Denise Koné Kacou a souhaité la bienvenue non seulement à l’auteur(e), mais aussi à ce beau monde, ami des livres. Avant le débat, Koffi Koffi le modérateur a donné la parole à Mme Guédé en vue de résumer l’œuvre.

Pour Mme Guébé, le récit raconte l’histoire de deux tourtereaux : Lâme et le Tigre. Lâme, l’héroïne est atteinte du mal, le mal d’aimer qui l’a dévoré pendant de nombreuses années. Elle fait partager aux lecteurs son mal d’amour, sa passion pour un homme marié et ses tourments d’anorexique. Après ce résumé, il y a eu un échange entre auditoire et les panélistes et auditoire –auteur(e).

En effet, pour le premier axe de lecture- amour passionnel, meurtri- Flore Azoumé, écrivain(e) a trouvé que cette façon de traiter l’amour nouveau. C’est tellement nouveau que pour elle, Aïssatou a écrit à l’occidentale son histoire d’amour. Cette réflexion a suscité d’autres réactions. Pour Mme Guébé, il n’y a pas de différence fondamentale entre aimer à l’occidentale et aimer à l’africaine. Toutes les femmes aiment de la même façon même si cette façon est individuelle, singulière. Et d’ailleurs, cette œuvre montre la cruauté de l’amour, de l’être aimé qu’on ne puisse pas garder pour soi. Précisant sa pensée, Flore Hazoumé dira que ce roman nous indique comment aimer l’être aimé. Mais la responsabilité de celle qui aime. Abondant dans le même sens, le Pr. Katié Louka ,directeur d'Educi a souligné que ce récit interpelle toute femme amoureuse. Selon lui, la femme ou l’épouse doit exprimer à l’homme aimé son amour et vice-versa. Quant à Guébé, il parlera de l’amour passionnel, de l’amour meurtri qui telle une femme dévore tout sur son passage. Cet amour-là est irrationnel, déraisonné. Henri N’koumo s’est appesanti sur les à côtés du livre, sur cette maladie d’amour qui touche aussi les Africains contrairement aux idées reçues. En revanche, N’koumo soutiendra que cette œuvre même si elle est loin d’être autobiographique s’inspire de faits réels de la vie de l’auteur(e). Koffi Koffi, le modérateur, quand il prend la parole c’est pour nous introduire dans le second axe : l’écriture.

Le Pr. Logbo Gnézé émerveillé par le style de Aïssatou Seck a dit que cette œuvre est une prose poétique. « Et à l’aube, tu t’en allais est un roman poétique, lyrique, beau. Vous voyez cette beauté rime avec cette belle histoire d’amour. L’amour, cette flamme qui consume tout être ». Pour Logbo, c’est cette façon de savoir bien manipuler la langue qui donne du plaisir aux lecteurs de mieux délecter ce nectar. Logbo s’est interrogé si l’auteur(e) n’est pas à sa troisième ou quatrième œuvre tellement ce roman est bien écrit. Cette question, le Pr. Katié Louka, Guébé, Flore Hazoumé, Sylvestre Konin et bien d’autres se le sont posés.

Aïssatou Seck a donné des réponses à leurs préoccupations. « J’ai toujours écrit. J’ai une mémoire visuelle. Donc il me faut écrire pour retenir. L’écriture est moi un passe-temps ». Avant de renchérir : « j’ai mis cinq ans pour écrire cet ouvrage ». Comme on le voit, elle a mis cinq ans pour polir sa prose poétique. Cinq ans pour enjoliver le texte. Cinq ans pour parfaire, soigner, fignoler le récit. Aïssatou, au regard de ce qui précède, est une polisseuse. Mieux un polissoir. Quant à la question de l’amour, Seck soutient qu’elle est universelle. D’ailleurs l’objectif de ce roman, c’est de montrer de manière subtile et poétique que ni l’anorexie, ni l’amour n’est l’apanage des petites adolescentes européennes.

A la fin des échanges, Seck a dit sa satisfaction de voir que sa première œuvre est bien accueillie tant par des spécialistes que par de simples lecteurs : le grand public.

C’est par une séance de signature que la cérémonie a pris fin. Il faut souligner qu’à cette rencontre littéraire, on notait outre la présence de Bernard B. Dadié, Mme Guirandou, Mme Fidèle Boua directrice générale de Vallesse Editions, Mme Dréhi,directrice générale des Editions Livre Sud (Edilis), Georges Retord et Foua Ernest de Saint Sauveur, président de l’Association des écrivains ivoiriens(AECI).

AUGUSTE GNALEHI
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